Les hommes sont des petites créatures naïves dotées de poils autour de la bouche. Chaque été, leur horloge biologique les pousse à hanter parcs et cafés à la recherche d'un mollet féminin, d'une cuisse qui bronze, d'une jupette qui s'envole. Et chaque été, ils nous ressortent la même théorie avec de grands yeux pleins d'espoir: si cette demoiselle montre ses gambettes, c'est bien qu'elle veut choper. Non? Ha, ha, ha... non! Et je vais vous expliquer pourquoi. Bien sûr, les femmes ont conscience de l'effet que leurs jambes produisent. Elles jouent avec le désir masculin, elles poussent les hommes à bout, elles les torturent... Elles savent à quel point les mâles sont dominés par leurs instincts, en conséquence de quoi, l'été est le moment où elles leur font payer l'inégalité des salaires, l'exploitation du corps féminin et les chaussettes sales roulées en boule. Ce n'est pas une vengeance inconsciente, bien au contraire. Soyez assurés qu'une femme choisit une jupe comme elle choisirait un 9mm chez son armurier.
Mais la théorie masculine selon laquelle "jupe = disponibilité sexuelle" part du principe que les femmes agissent en fonction du regard masculin. On appelle ça du phallocentrisme. Veuillez donc enlever ce pénis de votre cerveau et redescendre sur la planète terre. Hors pics libidineux, une femme s'habille d'abord pour elle-même et ensuite pour les autres femmes. Montrer ses jambes est une drogue narcissique: on se sent jolie, ça rend heureuse, hourra! Mais l'extase consiste à obtenir l'approbation des autres femmes, qui sont des rivales, et par conséquent, savent apprécier la qualité d'une épilation du genou. Et les hommes? Ils sont juges et partie: leur avis ne compte pas plus qu'au tribunal.
